France, Royaume-Uni: fin du non-dom, que faire?
Le paysage fiscal européen connaît une transformation majeure avec . Cette réforme met fin à un régime fiscal vieux de plus de deux siècles qui permettait aux résidents britanniques non domiciliés de ne pas payer d’impôts sur leurs revenus étrangers. Face à ce bouleversement, de nombreux contribuables fortunés s’interrogent sur les alternatives disponibles, notamment en France où le régime des impatriés offre des avantages fiscaux comparables.
Cette situation inédite crée une opportunité pour la France d’attirer des talents et des investisseurs internationaux. Alors que , nombreux sont ceux qui cherchent désormais des solutions fiscales alternatives. Comprendre les différences entre ces deux régimes et les options disponibles devient essentiel pour optimiser sa situation fiscale.
La fin du régime non-dom britannique : ce qui change
. Ce système permettait jusqu’alors aux expatriés fortunés de bénéficier d’une fiscalité avantageuse en ne payant des impôts que sur leurs revenus de source britannique et sur les revenus étrangers uniquement s’ils étaient rapatriés au Royaume-Uni.
Le nouveau régime FIG (Foreign Income and Gains) remplace l’ancien système. Cette exonération de quatre ans représente une réduction significative par rapport aux quinze années possibles sous l’ancien régime.
Les mesures transitoires accompagnent cette réforme majeure. Ces dispositions visent à faciliter le rapatriement de fonds historiquement détenus à l’étranger, mais ne compensent que partiellement la perte des avantages fiscaux pour les non-doms établis de longue date.
Les impacts sur la fiscalité successorale
Au-delà de l’impôt sur le revenu, la réforme britannique modifie profondément la fiscalité successorale. Cette modification représente un changement fondamental pour les stratégies de planification patrimoniale.
Les implications sont considérables pour les détenteurs de patrimoine important. Alors que les non-doms bénéficiaient auparavant d’une exonération totale sur leurs actifs situés hors du Royaume-Uni, le nouveau système basé sur la résidence expose l’ensemble du patrimoine mondial à la taxation britannique après dix ans de résidence.
Les structures de trust offshore, traditionnellement utilisées par les non-doms pour protéger leurs actifs étrangers, perdent également leurs avantages fiscaux. Cette évolution force une reconsidération complète des stratégies patrimoniales établies.
Le régime français des impatriés : une alternative attractive
Face à ces changements, le régime fiscal français des impatriés émerge comme une alternative intéressante. Ce dispositif, régi par l’article 155 B du Code général des impôts, vise à attirer les talents internationaux et faciliter l’installation de salariés et dirigeants étrangers en France.
Les conditions d’éligibilité sont clairement définies. Contrairement au nouveau régime britannique qui exige dix ans de non-résidence, la France se montre plus accessible avec seulement cinq années requises. Cette différence peut s’avérer déterminante pour les candidats à la mobilité internationale.
Les avantages fiscaux du régime français sont multiples et substantiels. L’économie fiscale peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros par an selon la rémunération.
Comparaison des deux régimes fiscaux
La durée d’application constitue une différence majeure entre les deux systèmes. Le nouveau régime britannique FIG offre une exonération complète sur les revenus étrangers pendant quatre ans seulement, tandis que le régime français des impatriés s’étend sur huit ans avec une exonération partielle. Cette durée plus longue permet une planification fiscale sur le moyen terme.
Le traitement des revenus diffère également significativement. Au Royaume-Uni, le nouveau régime FIG exonère totalement les revenus étrangers pendant quatre ans, mais ensuite l’imposition devient mondiale sans transition. En France, l’approche est plus nuancée avec une exonération de 30% à 50% selon l’option choisie, maintenue pendant toute la durée du régime. Cette progressivité offre une meilleure prévisibilité fiscale pour les bénéficiaires.
Concernant le patrimoine immobilier, les différences sont notables. Cette protection patrimoniale pendant cinq ans constitue un avantage considérable.
Les conditions d’éligibilité détaillées
Pour bénéficier du régime français des impatriés, plusieurs critères cumulatifs doivent être respectés. Le candidat doit avoir été non-résident fiscal français pendant les cinq années civiles précédant son installation.
Le mode de recrutement revêt une importance particulière. L’administration fiscale française a récemment assoupli sa position. Cette évolution élargit considérablement le champ d’application du régime.
La domiciliation fiscale en France constitue le troisième pilier du dispositif. Le bénéficiaire doit établir son foyer ou son lieu de séjour principal en France et y exercer son activité professionnelle principale. Cette double condition doit être remplie chaque année pour continuer à bénéficier des avantages fiscaux. Le régime s’applique automatiquement sans nécessité d’agrément préalable, simplifiant ainsi les démarches administratives pour les entreprises et les salariés concernés.
Stratégies d’optimisation fiscale
Pour maximiser les avantages du régime français des impatriés, plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre. La première consiste à choisir judicieusement entre l’exonération réelle de la prime d’impatriation et l’option forfaitaire. Le choix optimal dépend de la structure de rémunération et des déplacements professionnels à l’étranger.
La planification patrimoniale avant l’installation en France s’avère cruciale. Les futurs impatriés doivent anticiper l’impact de l’IFI sur leur patrimoine immobilier français. Pendant les cinq premières années, seuls les biens immobiliers situés en France sont pris en compte, mais au-delà, l’ensemble du patrimoine immobilier mondial entre dans l’assiette de l’IFI. Cette transition nécessite une structuration appropriée du patrimoine, éventuellement via des sociétés ou des structures juridiques adaptées.
L’optimisation des revenus de capitaux mobiliers étrangers mérite également une attention particulière. Le régime français permet une exonération de 50% sur ces revenus, à condition qu’ils proviennent de pays ayant conclu avec la France une convention fiscale comportant une clause d’assistance administrative. La diversification géographique des investissements et le choix des véhicules d’investissement doivent donc être réfléchis en amont de l’installation pour maximiser les avantages fiscaux disponibles.
Les destinations alternatives pour les anciens non-doms
Face à la fin du régime non-dom britannique, plusieurs juridictions se positionnent comme alternatives attractives. Chaque destination présente ses propres avantages et contraintes, nécessitant une analyse approfondie selon la situation personnelle et professionnelle.
L’Italie a également développé un régime fiscal attractif pour les nouveaux résidents fortunés, avec un forfait annuel de 100 000 euros permettant d’exonérer les revenus de source étrangère. Le Portugal, bien que son régime des résidents non habituels ait été modifié, continue d’offrir certains avantages fiscaux pour attirer les talents et les retraités. La Suisse reste une valeur sûre avec ses forfaits fiscaux, bien que les cantons appliquent des politiques différentes et que les conditions d’accès soient devenues plus strictes.
La France se positionne donc dans un environnement concurrentiel où plusieurs pays européens et extra-européens rivalisent pour attirer les contribuables fortunés. Le régime français des impatriés présente l’avantage de la stabilité juridique, d’une durée d’application relativement longue et d’une infrastructure économique solide. Cependant, la charge fiscale globale en France, incluant les prélèvements sociaux et l’IFI, doit être soigneusement évaluée par rapport aux alternatives disponibles.
Aspects pratiques et pièges à éviter
La mise en œuvre du régime des impatriés nécessite une attention particulière aux aspects documentaires. Les contribuables doivent être en mesure de prouver leur non-résidence fiscale française pendant les cinq années précédentes. La constitution d’un dossier complet avant le départ facilite grandement les démarches ultérieures.
Le timing de l’installation revêt une importance cruciale pour optimiser les avantages fiscaux. Le bénéficiaire peut commencer à profiter du régime dès sa prise de fonction, même si l’installation du foyer en France intervient l’année suivante. Cette souplesse permet une transition progressive, mais nécessite une coordination précise entre le début du contrat de travail et le déménagement effectif. Une erreur de calendrier peut compromettre l’accès au régime ou réduire sa durée d’application.
Les changements de situation professionnelle doivent également être anticipés. Cette règle nécessite une planification de carrière compatible avec le maintien des avantages fiscaux.
Perspectives d’évolution et recommandations
L’environnement fiscal international continue d’évoluer rapidement, avec une tendance générale au renforcement de la transparence et à la lutte contre l’optimisation fiscale agressive. La suppression du régime non-dom britannique s’inscrit dans ce mouvement plus large de normalisation fiscale. D’autres pays pourraient suivre cette voie, rendant les régimes spéciaux plus encadrés et potentiellement moins avantageux à l’avenir.
Pour les contribuables concernés, plusieurs recommandations s’imposent. Premièrement, il est essentiel d’évaluer sa situation personnelle de manière globale, en tenant compte non seulement des aspects fiscaux mais aussi des considérations professionnelles, familiales et de qualité de vie. La fiscalité ne doit pas être le seul critère de décision, même si elle reste un facteur important. Deuxièmement, l’accompagnement par des professionnels spécialisés en fiscalité internationale devient indispensable pour naviguer dans la complexité des régimes applicables et éviter les erreurs coûteuses.
Enfin, la flexibilité et l’anticipation constituent des atouts majeurs dans ce contexte mouvant. Les contribuables mobiles internationalement doivent maintenir une veille active sur les évolutions législatives dans différentes juridictions et être prêts à adapter leur stratégie en fonction des changements. La constitution d’un patrimoine diversifié géographiquement et juridiquement, la documentation rigoureuse de toutes les situations fiscales, et la planification à long terme permettent de sécuriser sa situation face aux incertitudes réglementaires futures.
La fin du régime non-dom britannique marque indéniablement la fin d’une époque fiscale avantageuse pour les résidents fortunés du Royaume-Uni. Cette transformation majeure redistribue les cartes de l’attractivité fiscale européenne et offre à la France une opportunité unique d’attirer des talents et des investisseurs internationaux. Le régime français des impatriés, bien que différent dans sa structure et ses avantages, constitue une alternative crédible et attractive pour ceux qui cherchent une fiscalité optimisée en Europe.
Cependant, la décision de s’installer en France ou dans une autre juridiction ne peut se prendre à la légère. Elle nécessite une analyse approfondie de sa situation personnelle, de ses objectifs professionnels et patrimoniaux, ainsi qu’une compréhension fine des mécanismes fiscaux applicables. Dans un monde où la mobilité internationale des talents et des capitaux s’intensifie, la maîtrise des régimes fiscaux spéciaux devient un avantage compétitif essentiel. Les contribuables avisés sauront tirer parti de ces opportunités tout en respectant scrupuleusement les obligations légales et déclaratives de chaque juridiction.